Concentration des médias: Bolloré, Bouygues, Arnault et tous les Citizen Kane français auditionnés par le Sénat
Le Sénat a voté mardi la création d'une commission d'enquête sur la concentration des médias. Solennelle, la procédure impose aux personnes auditées de prêter serment et participer à l'enquête. Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Bernard Arnault, Xavier Niel ou encore Patrick Drahi passeront sur le gril.
Composée de 21 membres, cette commission sera en place le 18 novembre pour "mettre en lumière le processus ayant permis ou pouvant aboutir à une concentration des médias en France et d’évaluer l’impact de cette concentration pour la démocratie", détaille à Challenges Patrick Kanner, président du groupe Socialiste, écologiste et républicain au Sénat. Porté par le groupe socialiste dans le cadre de son "droit de tirage", la concentration croissante des médias entre les mains de quelques oligarques a été retenue à l’unanimité comme sujet prioritaire parmi dix autres thèmes. "Les acquisitions de Vincent Bolloré sont la dernière illustration en date de cette tendance à la concentration mais arrive aussi la fusion TF1-M6. Sans parler des concentrations liées à Xavier Niel, Bernard Arnault (actionnaire minoritaire de Challenges, NDLR) et Patrick Drahi...", explique Patrick Kanner. Dans la même veine, le non-renouvellement d'Isabelle de Silva à la tête de l'Autorité de la concurrence -à un moment où l'autorité doit examiner la fusion TF1-M6- "nous interpelle", indique le sénateur.
David Assouline, rapporteur de la commission
Le principe de cette commission d’enquête a été acté à l’unanimité par la Conférence des présidents mardi 2 novembre dans la soirée. Le rapporteur est déjà choisi: il s’agit du sénateur PS de Paris David Assouline. Avec la sénatrice Sylvie Robert, ce bon connaisseur des médias –qui a été notamment l’artisan de la transposition de la directive européenne sur les droits voisins– est à l’initiative de cette commission d’enquête. "Ce sera plus solennel, plus contraignant et, j’espère, plus productif qu’une mission d’information", estime Patrick Kanner.