Challenges : Aux 24 Heures du Mans, Alpine prépare son futur à l’hydrogène

Aux 24 Heures du Mans, Alpine prépare son futur à l’hydrogène

REPORTAGE - En ouverture des 24 Heures du Mans, la filiale sportive de Renault a fait rouler un prototype à l’hydrogène, avec Zinédine Zidane en passager. Cette Alpenglow sert de développement aux futurs moteurs à hydrogène d’Alpine, en compétition comme sur route.


Cela fait plusieurs années que l’engagement aux 24 Heures du Mans d’une voiture carburant à l’hydrogène est attendu. Mais, telle l’Arlésienne, cette participation ne semble jamais voir le jour ! En 2013, Green GT aurait dû aligner un prototype à pile à combustible, dans le cadre du Garage 56, un engagement hors classement pour éprouver des technologies expérimentales. L’écurie suisse s’est finalement désistée quelques jours avant la course. Elle s’est contentée d’un tour d’honneur en ouverture de l’édition 2021.

Lors de la conférence de presse de l’édition du centenaire en 2023, Pierre Fillon, le président de l’Automobile Club de l’Ouest qui organise la célèbre course d’endurance, promettait un nouveau règlement pour ce type de carburant en 2026. Quelques mois plus tard, la date de 2027 était annoncée comme plus raisonnable. Juste avant les 24 Heures du Mans 2024, Pierre Fillon a de nouveau repoussé l’échéance à 2028… Mais cette année encore, les voitures à hydrogène sont sur toutes les lèvres dans la Sarthe. Quatre autos ont roulé en ouverture de la course.

L’Alpine est la plus prometteuse
Parmi les voitures qui ont effectué un tour d’honneur, la Mission H24 de Green GT est la seule à s’en remettre à une pile à combustible. Verra-t-on cette technologie au départ en 2028 ? Rien n’est moins sûr puisque l’écurie nous confiait l’an dernier qu’elle ne s’inscrirait pas en course. La Foenix H2 de Solution F (une entreprise du groupe GCK), la Ligier JS2 RH2, développée avec Bosch et l’Alpine Alpenglow s’en remettaient, elles, à des moteurs à combustion adaptés au carburant hydrogène.

Dans le lot, l’Alpine est sans doute la plus prometteuse. Car elle est le fruit d’un grand constructeur, un des rares avec Toyota à développer cette technologie pour la compétition et même les voitures de série. Pourtant l’Alpenglow ne sera jamais engagée en compétition ni produite en série. Cette auto, dont le soin esthétique dans le détail sidère, restera un prototype. « L’Alpenglow est avant tout un laboratoire roulant », assure Pierre-Jean Tardy, ingénieur en chef hydrogène chez Alpine Racing.

En ouverture des 24 Heures du Mans, l’Alpine Alpenglow a fait le show. Zinédine Zidane, qui donne le départ de cette édition, était dans le siège passager du proto, avant d’apposer sa signature. L’auto a ravi les yeux des spectateurs par son style… et leurs oreilles par la sonorité de son moteur. On sait le public des 24 Heures du Mans très attaché à cet aspect, et c’est un des points qui plaide en faveur des moteurs à combustion plutôt que la pile à combustible, rigoureusement silencieuse.


Cela fait plusieurs années que l’engagement aux 24 Heures du Mans d’une voiture carburant à l’hydrogène est attendu. Mais, telle l’Arlésienne, cette participation ne semble jamais voir le jour ! En 2013, Green GT aurait dû aligner un prototype à pile à combustible, dans le cadre du Garage 56, un engagement hors classement pour éprouver des technologies expérimentales. L’écurie suisse s’est finalement désistée quelques jours avant la course. Elle s’est contentée d’un tour d’honneur en ouverture de l’édition 2021.

Lors de la conférence de presse de l’édition du centenaire en 2023, Pierre Fillon, le président de l’Automobile Club de l’Ouest qui organise la célèbre course d’endurance, promettait un nouveau règlement pour ce type de carburant en 2026. Quelques mois plus tard, la date de 2027 était annoncée comme plus raisonnable. Juste avant les 24 Heures du Mans 2024, Pierre Fillon a de nouveau repoussé l’échéance à 2028… Mais cette année encore, les voitures à hydrogène sont sur toutes les lèvres dans la Sarthe. Quatre autos ont roulé en ouverture de la course.


L’Alpine est la plus prometteuse
Parmi les voitures qui ont effectué un tour d’honneur, la Mission H24 de Green GT est la seule à s’en remettre à une pile à combustible. Verra-t-on cette technologie au départ en 2028 ? Rien n’est moins sûr puisque l’écurie nous confiait l’an dernier qu’elle ne s’inscrirait pas en course. La Foenix H2 de Solution F (une entreprise du groupe GCK), la Ligier JS2 RH2, développée avec Bosch et l’Alpine Alpenglow s’en remettaient, elles, à des moteurs à combustion adaptés au carburant hydrogène.

Dans le lot, l’Alpine est sans doute la plus prometteuse. Car elle est le fruit d’un grand constructeur, un des rares avec Toyota à développer cette technologie pour la compétition et même les voitures de série. Pourtant l’Alpenglow ne sera jamais engagée en compétition ni produite en série. Cette auto, dont le soin esthétique dans le détail sidère, restera un prototype. « L’Alpenglow est avant tout un laboratoire roulant », assure Pierre-Jean Tardy, ingénieur en chef hydrogène chez Alpine Racing.

En ouverture des 24 Heures du Mans, l’Alpine Alpenglow a fait le show. Zinédine Zidane, qui donne le départ de cette édition, était dans le siège passager du proto, avant d’apposer sa signature. L’auto a ravi les yeux des spectateurs par son style… et leurs oreilles par la sonorité de son moteur. On sait le public des 24 Heures du Mans très attaché à cet aspect, et c’est un des points qui plaide en faveur des moteurs à combustion plutôt que la pile à combustible, rigoureusement silencieuse.

L'Alpine Alpenglow avec Zinedine Zidane à son bord.

L’Alpine Alpenglow avec Zinédine Zidane à son bord.

Malgré cette apparition remarquée, l’Alpenglow vit déjà ses dernières heures sous cette forme. « Bientôt, le quatre-cylindres qui l’anime sera remplacé par un V6 », révèle Pierre-Jean Tardy. « L’aérodynamique sera également revue pour l’occasion ». Le quatre-cylindres était un coup d’essai. Développé avec Oreca, sur la base d’un moteur de course déjà existant, il a permis à Alpine d’emmagasiner du savoir-faire. Le V6, toujours réalisé avec Oreca, sera lui dessiné à partir d’une feuille blanche. « C’est, à ma connaissance, le premier moteur à combustion conçu uniquement et dès le départ pour une carburation à l’hydrogène. » Le cahier des charges, les principaux choix techniques et les simulations seront effectués chez Alpine à Viry-Chatillon. C’est Oreca qui se charge du dessin des plans et des tests sur banc.

Grandes ambitions
Alpine nourrit de grandes ambitions pour ce V6 testé dans l’Alpenglow. La marque n’a certes pas, au contraire de Toyota, annoncé officiellement sa participation aux 24 Heures du Mans 2028 dans la nouvelle catégorie réservée aux voitures à hydrogène, mais un avenir en compétition est d’ores et déjà envisagé. Aussi, il devrait être utilisé dans un modèle de série, un coupé haut de gamme. Quant à la future A110, qui sera d’abord commercialisée avec une motorisation 100 % électrique, rien n’interdit le montage d’un quatre-cylindres à hydrogène. La rumeur dit même que c’est la raison pour laquelle le partenariat de développement avec Lotus a été abandonné. La plateforme conçue par la marque d’Hethel ne pouvait pas accepter de moteur à combustion.