Challenges : AgriLife Studio lève 25 millions d’euros pour lancer le futur de l’

AgriLife Studio lève 25 millions d’euros pour lancer le futur de l’agriculture
Les cofondateurs d’AgriLife Studio ont annoncé ce lundi 5 février la levée de 25 millions d’euros auprès d’investisseurs comme Bpifrance et Crédit Mutuel, pour financer le développement d’une quinzaine de start-up. Avec un concept : le « start-up studio », qui vise à accompagner le développement des jeunes pousses dans la durée.

Des millions pour nos champs. Le start-up studio AgriLife Studio a annoncé ce lundi avoir levé 25 millions d’euros pour financer la création d’une quinzaine d’entreprises technologiques en lien avec l’agriculture (ou « agritech »). Une première pour ce studio naissant qui implique Bpifrance, la banque publique d’investissement, via le fonds French Tech Accélération II de France 2030, mais aussi Crédit Mutuel Arkéa et Crédit Mutuel Alliance Fédérale, via le Fonds révolution environnementale et solidaire. Un investissement « plutôt équilibré entre les trois investisseurs » aux dires de Pierre Gillet, directeur d’investissement French Tech chez Bpifrance.

Start-up studio, kézako ?
Contrairement à un incubateur, un start-up studio a pour mission de créer des entreprises. Il identifie des projets, recrute les entrepreneurs puis se charge d’accompagner et de financer le développement de l’entreprise jusqu’à ouverture de ses capitaux. L’argent apporté par les investisseurs sert ainsi à financer les start-up, ainsi qu’à payer les salaires du studio ; ce dernier se rémunère ultérieurement, lors de la vente de parts des entreprises accompagnées ou d’un éventuel versement de dividendes.

Dans le cas présent, AgriLife Studio prévoit de lancer une quinzaine d’entreprises, dont une dizaine pourrait bénéficier de financements lors de leurs premiers tours de table - ce qui inclut les financements d’amorçage (« pre-seed »), de développement (« seed »), puis une partie des tours de table servant à rendre le business model rentable et à étendre l’activité. Pour ce faire, une nouvelle levée de fonds auprès d’autres partenaires devrait intervenir dans les semestres à venir et porter le budget du studio à 50 millions d’euros.

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Pour les investisseurs comme pour les start-up, l’avantage du modèle d’AgriLife Studio est double. D’une part, les entreprises, accompagnées plus longtemps, sont théoriquement plus résistantes et croissent plus vite. D’autre part, la spécialisation du studio permet un meilleur accompagnement, mais également un meilleur recrutement. « Le principe de ce start-up studio, c’est d’être monosectoriel : on va donc pouvoir attirer les meilleurs talents », projette Priscilla Rozé-Pagès.

Des projets « à impact »
Les projets retenus, eux, sont identifiés en partenariat avec les partenaires du studio - ici, des grandes écoles comme AgroParisTech, des instituts de recherche comme l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), des laboratoires universitaires, des communautés d’entrepreneurs ou des agriculteurs, proches des réalités et des problématiques du terrain. « Notre démarche de sélection consiste à identifier des enjeux majeurs dans l’agriculture, puis à essayer de trouver des solutions », résume Antoine Coutant.

Robots, objets connectés… ces nouvelles technologies qui font bouger l’agriculture

Parmi les projets développés, des projets biotechnologiques, coûteux en moyens et en temps, et des projets purement digitaux, basés sur des solutions logicielles. Avec, à chaque fois, un objectif : avoir un impact positif sur l’environnement, la biodiversité ou encore le climat - indicateurs de performance à l’appui. « On a la chance d’avoir trois actionnaires alignés avec nous sur cette vision temps long et impact. Pour eux, c’est l’impact d’abord, avant la rentabilité ! », se réjouit Priscilla Rozé-Pagès.

Si les projets précis n’ont pas encore été dévoilés, les questions des substituts aux pesticides, de la qualité de l’eau ou encore de la sécurité au travail des agriculteurs devraient être abordées par certaines entreprises du studio. De quoi esquisser, au moins en partie, l’agriculture de demain.