Le Temps : Interview de Nick Hayek de Swatch Group

Nick Hayek: «Pourquoi s’adresser à des Américains ou des Asiatiques pour fabriquer des montres connectées?»

Le patron de Swatch Group s’en prend à ceux qui affaiblissent le label «swiss made» au nom du marketing, à ceux qui «préfèrent favoriser la voie facile de l’assemblage de composants produits par d’autres». Nick Hayek revient aussi sur l’abandon du taux plancher, qu’il considère comme une capitulation de la Banque nationale face aux spéculateurs

On pouvait s’attendre à trouver un Nick Hayek un peu fatigué, quelques jours après la fin du marathon annuel Baselworld. Il n’en a rien été. Ce jour-là, Nick Hayek était particulièrement en verve. Rencontré en début de semaine au siège du groupe, à Bienne (BE), le patron du numéro un mondial de l’horlogerie a répondu aux questions du Temps pendant plus de trois heures. De l’(in-) action de la Banque nationale suisse aux montres connectées, en passant par le swiss made et la conjoncture horlogère, Nick Hayek passe en revue ses thématiques de prédilection. Ou celles qui le contrarient le plus.

Le Temps: Votre concurrent, le groupe Richemont, vient d’annoncer le licenciement de 350 personnes en Suisse. La confirmation que l’horlogerie traverse une période difficile?

Nick Hayek: Malheureusement, certaines entreprises ou groupes horlogers semblent privilégier une culture financière à court terme, certainement pour plaire également à la bourse, à une stratégie industrielle axée sur le long terme. Pour revenir à votre question, il y a certes une baisse de la croissance par rapport aux années précédentes, mais l’horlogerie suisse se porte bien et reste saine. Il convient peut-être de rappeler que durant les cinq dernières années, les exportations horlogères ont connu une progression extraordinaire, de l’ordre de 70%.

- Employer le mot crise est donc exagéré?

- La consommation, dans le monde entier, reste bonne. Donc oui, c’est exagéré mais aussi faux d’affirmer cela. Dans nombre de pays, nous enregistrons une croissance formidable en monnaies locales et en termes de pièces. Toutefois, convertis en franc suisse, il ne reste plus grand-chose. Prenez nos résultats 2015: en francs suisses, nous enregistrons une baisse de 3% du chiffre d’affaires, mais en euros, il s’agirait d’une progression de plus de 10%. Il reste tellement de poignets à habiller dans le monde.

- Swatch Group ne licencie pas, certes. Mais les sous-traitants de l’arc jurassien qui, parfois, travaillent pour vos marques sont, eux aussi contraints de biffer des postes de travail.

- Swatch Group ne donne pas seulement du travail à des tiers, mais livre aussi beaucoup de produits à des tiers. Il y a bien sûr, dans un tissu industriel comme le nôtre, toujours des adaptations à apporter au niveau des capacités. Mais il semble normal, lorsque nous recevons moins de commandes de la part de ces tiers, d’exploiter en premier lieu nos propres capacités.

- L’internalisation de la production par les marques et les groupes menace-t-elle l’existence de ces sous-traitants? Autrement dit, l’industrie horlogère est-elle en surcapacité?

- Non, au contraire, même si les taux de croissance aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient hier. Prenons un exemple: lorsque nous avons travaillé sur la Sistem 51, une Swatch mécanique révolutionnaire avec seulement 51 pièces, dont la production est entièrement automatisée, nous nous sommes tournés vers des PME régionales très innovantes pour qu’elles développent et créent avec nous de nouvelles machines capables de faire ces pièces horlogères extraordinaires.

- Avec quels résultats?

- En Suisse, les compétences sont là, nous avons rencontré des PME qui ont le savoir-faire et avaient l’intérêt de collaborer avec nous mais qui hésitent à investir et à recruter du personnel pour développer un tel projet le plus rapidement possible – essentiellement à cause de la catastrophe du franc suisse massivement surévalué. Cela devient presque chose impossible pour elles. Plus grave encore, des PME en Allemagne, en France et en Italie, avec l’avantage de leur monnaie, sont, elles, prêtent à investir, puisqu’elles voient un énorme potentiel pour pouvoir, plus tard, exporter ces machines dans le monde entier.

- Le franc fort empêche-t-il vraiment des PME suisses d’investir pour travailler avec Swatch Group?

- Je suis désolé et je sais que c’est une réponse ennuyeuse pour vous, car je n’arrête pas de le répéter, mais le franc suisse complètement surévalué créé des dégâts terribles à ce pays. Malheureusement, beaucoup ne voient pas, ne veulent pas voir ou même sous-estiment totalement cette réalité. Pourtant, les banques nationales du monde entier, américaine, européenne, japonaise et même la petite danoise, interviennent sur leurs taux de change, aussi pour soutenir leur tissu industriel. En Suisse, nous sommes complètement nus. La Suisse existe pourtant, mais apparemment la Banque nationale suisse (BNS) comme force de frappe a, elle, disparu.

- Vous n’avez pas encore digéré l’abandon du taux plancher?

- Je ne suis pas un monétariste. Ce qui me préoccupe n’est pas le passé, mais ce qui peut nous arriver à l’avenir. Ce que j’ai appris du passé, c’est que la manière dont la BNS a abandonné le taux plancher est une véritable capitulation. Le message envoyé, le 15 janvier 2015, était: «Nous ne pouvons plus rien faire. Si nous avions continué à nous battre, nous serions au bord du suicide, nous serions pratiquement descendus en enfer». Ils auraient pu ou dû dire: «Nous avons changé de stratégie et nous allons utiliser d’autres instruments plus créatifs mais toujours dans le but de gagner cette guerre.» Au lieu de cela, ils ont dit au monde entier, aux spéculateurs sur les devises, qu’ils étaient impuissants. Cela s’appelle perdre une guerre avant même d’essayer de la mener. Et pire encore, la BNS ne cesse de répéter à qui veut bien encore l’écouter que le franc suisse reste massivement surévalué mais qu’elle ne peut en réalité rien n’y faire.

- Elle semble craindre de voir son bilan exploser.

- Et alors? Cela n’est pas un problème en soi. Nous parlons ici d’une banque nationale et pas d’une banque traditionnelle. Les conséquences d’un bilan gonflé pour un institut d’émission sont bien moins graves que les effets que ce pays a à subir aujourd’hui. Mais, une fois de plus, regardons plus loin: les spéculateurs et le monde entier savent désormais que le directoire de la BNS ne peut pas se battre. C’est la porte ouverte à de futures attaques sur le franc suisse.

- Le cas échéant, il est difficile d’imaginer qu’elle ne fasse rien.

- Cette institution se présente désormais sans aucun leadership et, plus grave, sans indépendance. Elle dépend des actions des autres acteurs. C’est en fait exactement l’image inverse qu’a la Suisse. Notre pays est admiré dans le monde entier pour sa force, son esprit combatif et son indépendance. En dépit de sa relative petitesse, il a un réel poids et une influence positive dans le monde. La BNS pas vraiment.

- En avez-vous parlé avec son président, Thomas Jordan?

- Nous devions nous rencontrer juste après le 15 janvier, mais malheureusement il a préféré annuler le rendez-vous. Depuis, on ne s’est plus parlé. Je dois dire que je préfère passer du temps avec les apprentis de Swatch Group. Eux ne se laissent pas décourager si vite par les difficultés du monde. Peut-être parce qu’ils n’ont pas de multiples titres de professeur qui pèsent si lourd dans leurs prises de décisions.

- Vous-même, à la tête d’une si grande entreprise, vous n’avez jamais peur?

- Si, quand je roule sur une autoroute et que la radio annonce un véhicule à contresens. Mais, en tant que patron de Swatch Group, certainement pas. Je vois pour notre groupe beaucoup plus d’opportunités dans le monde que de risques. Et pour les réaliser, il faut du courage et emmener tout le monde avec soi. Si l’on doit subir un échec, alors on se relève et on recommence. Mais, dites-moi, de quoi devrais-je avoir peur?

- Que les critères définissant le Swiss made soient remis en cause? Par exemple dans le cas des montres connectées.

- Non, ce n’est pas une peur, mais une réalité. Certains acteurs horlogers, pour se faciliter la vie, veulent, d’un côté, bénéficier du swiss made, et, de l’autre, ne rien investir pour vraiment s’y conformer. Nous avons pourtant dans ce pays une forte culture industrielle. Et disposons de tout ce qui est nécessaire pour produire des montres connectées utiles pour le consommateur, sans que cela ne devienne de purs produits électroniques. Swatch Group, le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM), l’EPFL ou une pléiade de start-up, surtout en Suisse romande, ont le savoir-faire nécessaire dans les circuits intégrés, les capteurs, les technologies de transmission comme le bluetooth, les batteries ou dans les écrans tactiles uniques au monde produits à Marin chez EM Microelectronic, comme en disposent les marques Tissot (T Touch) ou Swatch (Swatch Touch). Ces écrans ont d’ailleurs été introduits bien avant que l’industrie des téléphones portables smartphones ne l’ait fait.

- Ces «acteurs horlogers» disent être allés chercher les compétences là où ils les ont trouvées.

- Swatch Group, à travers ses sociétés EM Marin, Micro Crystal ou Renata, livre énormément de ces composants vitaux et de ces modules pour les produits connectés à des entreprises américaines, de la Silicon Valley par exemple, à des compagnies coréennes, japonaises et même chinoises. En Suisse, nous sommes les champions des composants à très basse consommation d’énergie. C’est nous qui fournissons par exemple les capteurs pour certains bracelets connectés de Garmin. Alors pourquoi aller s’adresser à des entreprises américaines ou asiatiques pour fabriquer des montres connectées? Parce que certains ne favorisent pas une vraie culture industrielle, parce qu’elle prend du temps et coûte cher en investissements. Ils préfèrent favoriser la voie facile de l’assemblage de composants que d’autres élaborent et investissent l’argent dans le seul marketing.

- A qui pensez-vous? Au groupe LVMH, par exemple, qui possède Tag Heuer, Hublot ou Zenith?

- A des groupes qui sont dirigés par un esprit financier ou qui investissent surtout dans les magasins et le marketing, et malheureusement peu dans la recherche et le développement et encore moins dans un vrai tissu industriel de production. Lequel n’est pas à confondre avec du simple l’assemblage. Chacun fait comme il l’entend, bien entendu. Cela me pose seulement un problème si le swiss made devient simplement un outil de communication et de marketing et si on est même prêt à affaiblir le swiss made pour des produits connectés, sous prétexte qu’il n’est pas possible de fabriquer ces produits ou certains des composants en Suisse. Les faits prouvent le contraire. On ne cessait d’ailleurs de dire à mon père, il y a trente ans, qu’il n’était pas possible de produire une montre quartz swiss made d’entrée de gamme, la Swatch.

- La modification de l’ordonnance sur le sujet, qui entre en vigueur en janvier prochain, ne fait pourtant pas de différences entre montres connectées ou non-connectées.

- Non, en effet. Mais des débats ont été menés au sein de la Fédération horlogère. Au début, une minorité considérait qu’il fallait ajuster ces critères vers le bas pour les montres connectées. Maintenant, la plupart ont compris que c’est une opportunité que de maintenir le swiss made au même niveau.

- Au-delà des montres connectées, n’est-il pas paradoxal de renforcer le swiss made, donc la part de valeur suisse dans une montre, alors même que le franc fort fait souffrir l’industrie? On peut comprendre que certains soient tentés de flirter avec les limites pour rester compétitifs.

- Les consommateurs sont prêts à payer plus cher une montre swiss made. Nous devons vraiment porter soin à ne pas les décevoir. N’oublions pas que 1,2 milliard de montres sont vendues chaque année dans le monde. La Suisse n’en produit environ que 30 millions. On ne peut pas vouloir profiter du swiss made pour vendre plus cher et, dans le même temps, brandir l’argument que cela coûte trop cher de produire en Suisse. Chacun est libre d’assembler des montres en Suisse avec des composants chinois, mais sans bien sûr les estampiller swiss made. A chacun de décider de sa stratégie et de son positionnement. Chez nous, le choix est clair. Prenez les montres Swatch. Elles contiennent plus de 90% de swiss made, tout en proposant un prix à moins de 100 francs. Mais pour cela, nous avons continuellement investi dans l’innovation et les moyens de production. Notre usine ultramoderne de Boncourt (JU), où sont produites les Swatch Sistem51, en est un excellent exemple.

- Justement, ces dernières années, des dizaines d’usines ont été construites le long de l’arc jurassien. En fait, depuis que vous avez annoncé votre intention de réduire la livraison de mouvements à des tiers. On entend même dire que la société de votre groupe qui produit des mouvements, ETA, cherche à nouveau des clients. Vous confirmez?

- Nous n’avons jamais affirmé que nous ne voulions plus du tout livrer aux tiers, mais que nous voulions arrêter d’être utilisés comme le supermarché de l’horlogerie ou que nous devions vendre à tout le monde. Voilà pour la partie mécanique. En ce qui concerne les mouvements quartz, nous avons toujours été actifs sur les marchés, afin de les vendre à des tiers aussi. Vous avez entendu dire qu’ETA manquait de clients? Je ne peux pas quand même reprocher à mes vendeurs de vouloir vendre.

- C’est donc une coïncidence, si ETA était à nouveau présent au salon Baselworld cette année, alors qu’elle n’y était plus depuis 2011?

- A l’époque, nous avions décidé de ne plus faire de stand pour ETA. Cela semblait cohérent, puisque nous avions annoncé vouloir réduire la livraison de mouvements mécaniques à des tiers. C’était en fait une erreur de ma part, car les clients, eux, ont toujours voulu rencontrer ETA à Bâle. Et ETA partageait son stand avec Renata, EM Marin, Micro Crystal, qui eux aussi voulaient rencontrer leurs clients. Alors nous avons dû héberger les vendeurs de ces entités dans les stands d’Omega, de Rado, etc. Pour 2016, nous avons décidé que ETA, avec Renata, EM Microelectronic et Micro Crystal, serait à nouveau un exposant à Baselworld. D’ailleurs, ETA avait plusieurs nouveautés intéressantes à présenter dans les mouvements quartz.

- La vitesse à laquelle les marques horlogères ont investi pour internaliser leur production donne quand même l’impression qu’elles ont eu peur de ne plus pouvoir s’approvisionner auprès des entreprises de Swatch Group.

- Une fois de plus, je tiens à souligner que nous n’avons jamais dit que nous ne voulions plus livrer à personne, mais que nous voulions avoir le choix de nos clients. Que des entreprises horlogères investissent dans leur outil de production est très positif. Nous les avons d’ailleurs toujours incitées à le faire et à devenir moins dépendantes de Swatch Group. Avoir beaucoup de sources d’approvisionnement fait partie et contribue à la richesse de l’industrie horlogère suisse.

Le Temps : Chez les banquiers Lombard et Odier: une rupture inédite

Chez les banquiers Lombard et Odier: une rupture inédite

Depuis jeudi, il n’y a plus de Lombard dans la banque historique de la rue de la Corraterie. La non-accession du fils de Thierry Lombard au collège des associés a poussé le clan à voguer vers un avenir… vaudois

Epicentre d’un monde qui cultive la discrétion comme un atavisme, la façade austère du 9-15, rue de la Corraterie ne laisse rien paraître. Et pourtant. Entre les murs de Lombard Odier & Cie, fleuron de la Genève bancaire historique, une petite révolution est en marche. Une intrigue de palais comme une autre, peut-être, mais qui signe cette fois la fin d’une saga familiale deux fois séculaire. De mémoire d’homme, pour la première fois depuis que Jean Gédéon Lombard unit la destinée des siens à celle de Henri Hentsch, en 1798, il n’y a plus de Lombard dans la banque.

Ce patricien patronyme de la Cité de Calvin est même en passe de devenir un acteur incontournable de la place financière… vaudoise. Le symbole est fort. A l’échelle lémanique, c’est un peu comme si le marronnier de la Treille avait décidé d’aller replanter ses racines sur la place de la Palud.

Les prémices de ce coup de théâtre feutré sont apparues il y a plus d’une année. Avec, en guise de premier acte, le départ de Thierry Lombard. A 66 ans et comme le prévoient les statuts de l’établissement, le représentant de la sixième génération de Lombard dans la maison a pris sa retraite le 31 décembre 2014. Récupérant au passage son capital initial, après 42 ans de bons et loyaux services, dont 32 en tant qu’associé-gérant. Une retraite prévue de longue date puisqu’il s’était déjà retiré de la fonction d’associé senior en juin 2008 pour préparer la transition et transmettre ses dossiers.

Deuxième acte concomitant et induit par le premier, la holding qui chapeaute la banque a changé de nom au 1er janvier 2015, comme le veut le Code des obligations. Compagnie Lombard, Odier SCA devenant simplement Compagnie Odier SCA, comme l’a repéré le site spécialisé finews.ch le 22 mars dernier.

Le troisième acte, plus surprenant, a filtré en décembre 2015 dans les colonnes de l’Agefi. Après une vie de banquier privé genevois, Thierry Lombard annonçait son intention de prendre une participation minoritaire dans un établissement lausannois, la banque Landolt & Cie. «Sans prendre de responsabilités opérationnelles», Thierry Lombard confirmait au quotidien économique vouloir s’engager, avec son fils Alexis et son cousin Frédéric Binder – tous deux employés de Lombard Odier jusqu’à jeudi dernier – dans un nouveau «projet familial et entrepreneurial».

Espoirs déçus
Evolution naturelle, simple changement au registre du commerce et nouveau challenge familial? La nouvelle donne est plus abrupte. Comme le rapportent de nombreuses sources concordantes sur la place genevoise, la rupture entre le clan Lombard et sa banque de toujours est bel et bien consommée. Petit à petit, les langues se délient et racontent une histoire où la rancœur le dispute au ressentiment, sur fond de changement de culture d’entreprise.

Selon plusieurs sources proches de la banque, Thierry Lombard espérait voir son fils Alexis entrer au collège des associés, pour perpétuer la tradition familiale. Le banquier n’a d’ailleurs jamais caché cette intention, parfaitement en ligne avec la philosophie de la banque privée. En février 1994, il exposait déjà sa vision de l’avenir dans un article du Journal de Genève consacré aux entreprises familiales: «Faire partie d’une entreprise de près de deux siècles d’existence, c’est comme recevoir une culture d’entreprise en capital, expliquait-il. Et par tradition, nous avons pour objectif de la transmettre à la génération suivante.»

Sur le papier, les conditions de l’entrée d’Alexis Lombard au collège des associés étaient réunies. Formé à l’Ecole hôtelière de Lausanne, Alexis Lombard, 40 ans, est entré dans la banque en 2008 après avoir fait ses armes dans un autre empire familial genevois, Firmenich. Petit à petit, il a gravi les échelons chez Lombard Odier, «comme pour faire ses preuves», glisse un ancien de la banque. D’abord à Genève puis au sein du bureau zurichois, il s’est occupé prioritairement d’une clientèle latino-américaine, jusqu’à y devenir responsable des marchés émergents pour la division banque privée.

Selon nos informations, c’est début 2015 que s’est posé la question de son accession au collège. Dans lequel il aurait rejoint les six associés actuels de la banque: Patrick Odier, le président, Anne-Marie de Weck, la vice-présidente, Christophe Hentsch, Hubert Keller, Frédéric Rochat et Hugo Bänzinger, dernier arrivé en janvier 2014. «Dans l’esprit de Thierry Lombard, il était acquis qu’Alexis entrerait un jour au collège, assure un proche de la banque, dont les propos sont confirmés par plusieurs sources. Problème: tous les autres associés ne l’entendaient pas de cette oreille.»

Pourquoi? Si les spéculations vont bon train dans le quartier des banques et bien au-delà, tous nos interlocuteurs s’accordent sur un point: le vent frais apporté par les deux plus jeunes associés, Hubert Keller, 49 ans cette année, et Frédéric Rochat, 40 ans, ne serait pas étranger à cette fin de non recevoir. Formés tous deux dans la frénésie de la City londonienne et forgés à l’école de la banque d’affaires – SG Warburg pour Hubert Keller, Goldman Sachs pour Frédéric Rochat –, «ils se comprennent et s’entendent très bien», assure un bon connaisseur du dossier. Ils n’auraient ainsi pas eu peur de bousculer les codes d’une maison plus que bicentenaire, quitte à écarter un Lombard sans se soucier des convenances.

Hubert Keller, Frédéric Rochat, voire les autres associés, se sont-ils pour autant frontalement opposés à la nomination d’Alexis Lombard? Ce dernier ne se prononce pas: «Cette question n’est pas de mon ressort, elle est à poser directement aux associés». Et de préciser: «Je n’ai jamais demandé à être nommé associé. J’ai demandé une feuille de route et des challenges clairs afin de réussir ensemble. Je n’ai pas pu obtenir cette feuille de route. En l’absence de visibilité pour la suite de ma carrière au sein de Lombard Odier, j’ai décidé avec mon cousin Frédéric Binder de réfléchir à la meilleure manière de poursuivre l’exercice de notre métier de banquiers privés.»

«Appréciation différente»
Les associés, eux, préfèrent laisser répondre le président, Patrick Odier: «La nomination d’un associé est le fait à la fois d’une planification à long terme et de circonstances particulières qui entourent les besoins du moment liés au développement du groupe. La nomination ne peut être qu’unanime. Dans ce cas précis, aucune décision négative concernant Alexis Lombard n’a été prise. Une appréciation différente du timing de son plan de carrière l’a conduit à prendre sa décision [quitter la banque pour rejoindre Landolt] que nous respectons. Nous formulons nos voeux de succès pour ce projet.»

Une «feuille de route» que l’on n’obtient pas, une «appréciation différente du timing»: les mots sont choisis. Mais la réalité qu’ils recouvrent est limpide: Alexis Lombard n’entrerait pas au collège des associés. «Pour son père, connu pour son tempérament vindicatif, cette décision a dû être interprétée comme une déclaration de guerre», souligne une source bien informée. C’est ainsi dès le printemps 2015 que l’ancien associé informe son groupe de toujours de ses projets vaudois. S’est-il pour autant définitivement brouillé avec ses anciens partenaires? «J’entretiens des relations historiques et amicales avec Patrick Odier, avec lequel j’ai travaillé pendant trois décennies», se contente de répondre Thierry Lombard.

Nouveau monde
Une telle issue n’aurait probablement jamais été possible dans «l’ancien monde», affirme un avocat genevois. Dans cet «ancien monde», celui de la société de personnes, le nom d’un établissement devait absolument correspondre aux noms des associés. La banque ne pouvait donc s’appeler Lombard Odier qu’à la condition qu’un Lombard et un Odier siègent au collège. Or, ce statut a été abandonné par l’établissement au 1er janvier 2014. La banque est désormais une société anonyme, chapeautée par une holding, et son nom équivaut à une marque déposée comme une autre. «Autrement dit, poursuit l’avocat, être porteur du nom ne suffit plus pour rentrer dans le collège des associés.»

Avant le changement de statut, Thierry Lombard aurait parfaitement pu imposer son fils au sein du collège, insiste-t-on dans l’entourage de la banque. Regrette-t-il de ne pas l’avoir fait? Lui seul le sait, mais une chose est sûre: il vogue désormais, avec son fils et son neveu, vers d’autres horizons. Emporte-t-il aussi l’ensemble de ses avoirs dans ses bagages? «Aucun changement dans le domaine patrimonial», répond-il à ce stade.

La forme que prendra précisément le destin vaudois du clan Lombard reste donc ouverte. Les contours du rapprochement avec la banque Landolt sont en cours de finalisation, indiquent les principaux concernés. Selon nos informations, les événements devraient toutefois s’accélérer au cours des semaines à venir. Subsiste l’épineuse question du patronyme et de la raison sociale. Aujourd’hui, impossible de dire si la dynastie genevoise ira jusqu’à associer son nom à l’enseigne lausannoise.

>>> Terex/Konecranes EGM not seen before June, source says

Terex/Konecranes EGM not seen before June, source says 

* No talks between Konecranes and Zoomlion
* CFIUS will look beyond political noise

Konecranes (HEL:KCR1V) and Terex (NYSE:TEX) are not rushing to make a proxy filing for their proposed merger since a shareholder vote is unlikely to take place before June, a source familiar with the situation said.

At this stage, Konecranes, a Finnish crane manufacturer, is focused on securing regulatory approvals for its USD 2.5bn all-stock merger with its US peer, the source familiar said. The deal, announced in August 2015, remains subject to antitrust reviews in the US and Europe and a US national security review by the Committee of Foreign Investment in the US (CFIUS). Konecranes and Terex notified US antitrust regulators last fall and have been in pre-notification talks with the European Commission.

In January, Chinese construction equipment maker Zoomlion Heavy Industry Science & Technology (SHE:000157) launched a USD 30 per share all cash interloper bid. Westport, Connecticut-based Terex has since engaged in discussions with Zoomlion but has not changed its support for the Konecranes deal.

Last month, Zoomlion upped its bid to USD 31 or more than USD 3.4bn. The company and Terex remain in active discussions, a person familiar with the situation said on Friday.

Konecranes does not have to take any new actions, but if Terex’s board changes its recommendation, the Finnish company will evaluate its next course of action, the source familiar said.

Under the merger agreement, Konecranes can demand Terex hold a shareholder vote on its proposal even if its board deems a rival offer superior.

Konecranes has considered “what scenarios can happen over the next few weeks and months,” the source familiar said, noting that the company has some ideas. Since Konecranes believes Zoomlion has limited chances of successfully completing a deal, reacting now would not be the right strategy, he said.

Konecranes’ board will not destroy value for its own shareholders just to outdo Zoomlion, the source familiar cautioned. Konecranes Vice Chairman Stig Gustavson told this news service the Finnish group has “no intention to compete with the Chinese government” in its pursuit of Terex.

Konecranes is “fully prepared” for discussions about alternatives if Terex deems Zoomlion's latest offer superior, the source familiar said. But he said there have been no three-way discussions between Zoomlion, Terex and Konecranes, or talks between Konecranes and Zoomlion, about other options for a combination deal.

Since the August deal announcement, Terex has struggled with quarterly performance and the US crane maker continuously revised its forecasts, the source familiar said. Therefore, Konecranes would not improve its offer on a “perceived deal” from Zoomlion, he noted.

Terex in February said it expects 2016 earnings to come in below analysts’ forecasts, citing the "macro operating environment." Both stocks have declined since the deal announcement.

Under the Konecranes deal, Terex shareholders will own 60% of the combined company with requisite board representation. “For the Konecranes board it may also be about why pay more to receive less for a company that has become less attractive since the deal was announced,” the source familiar said. He said the company believes it has made a compelling offer for Terex.

In an election year in the US, the CFIUS angle comes into sharper focus, Gustavson said. Politicians have spoken out against a Zoomlion deal, he said.

Some risk-arbitrageurs owning Terex stock have “wishful thinking” that makes them believe that cranes cannot be deemed “sensitive business,” for the government, the source familiar said.

George Wang, a partner at law firm Barton LLP, who specializes in cross-border M&A and CFIUS reviews, said the CFIUS committee focuses on national security and infrastructure concerns, not what the “outside world” says about a proposed merger.

‘‘They won’t necessarily listen to those outcries unless it brings something to their attention that it might not have been aware of. Also important to note, we are in an election year, so there’s also a lot of political grandstanding on the part of politicians,” he added.

If Zoomlion succeeds in acquiring Terex, it will be the world’s largest player and operator of port cranes, along with another Chinese player, the source familiar said. “Ports are a critical part of US infrastructure, it involves intelligence gathering, automation surveillance technology,” he said. Terex is also a supplier to the US military.

A US government contracting database said Terex had USD 14m in federal contracts with federal government for fiscal 2016, down from USD 29m the year prior and a 2010 high of USD 40m.

Wang said if an issue was brought to the committee’s attention, Zoomlion could try to resolve the problem with a mitigation agreement. While political pressure should not theoretically affect the committee’s decision, it could affect the planned deal in other ways such as making the bidder so fed up that it walks away, he added.

To address regulatory risks, foreign acquirers often agree to pay a large reverse termination fee in the event they are unable to close a proposed acquisition.

Terex did not respond to calls for comment. Zoomlion declined to comment.

>>> Weekly Update

Weekly Market Update: March Came in Like a Bear and Went Out Like a Bull

March arrived with panicky market participants griping about imminent recession and ended this week with those fears essentially in the rear-view mirror. The S&P500 delivered a 1.8% gain this week and a 6.8% gain in March, its best monthly advance since the current bull market began seven years ago - leaving it up a mere 1% for all of the first quarter of 2016. US and China manufacturing data has started perking up, the jobs and housing markets remain strong and there are signs that both China and Europe are starting to get a handle on their respective economic problems. Meanwhile, the recovery in crude prices appears to be over for the moment, as WTI and Brent keep failing to gain any purchase above the $40 mark and the global production freeze deal bogs down from the larger Saudi-Iran rivalry. Fed Chair Yellen negated all of last week's hawkish Fed-speak, apparently taking an April rate hike off the table, citing weak inflation even as the US economy delivered its 73rd month of strong job growth. Treasury yields declined to one month lows and Fed fund futures closed out the week projecting just a 30% chance of a rate hike occurring in June. The US Dollar suffered one its worst weeks in months stirring hopes that the weaker currency will lead to an improving Q2 corporate earnings outlook.

In her remarks, Yellen stressed the pace of rate rises would remain very gradual, largely because global developments still pose ongoing risks. She pointed to some signs inflation expectations may be drifting lower and noted that remains a concern for her. The February PCE report arrived the day before her speech, and the core PCE- the Fed's key inflation metric - sank to +0.1% from +0.3% in January, although the y/y metric remained unchanged at 1.7%. The speech took an April rate hike definitively off the table, and other Fed speak this week echoed Yellen's major themes. Fed moderate Lockhart said that even with good data, it's not mandatory that the Fed moves in April, and added that he sees scope for three rate hikes this year. The New York Fed's Dudley said he was hopeful two rate hikes would be possible in 2016. The very chatty Evans said he would like two hikes, but warned that inflation could stall out around 1.8% later this year. All Fed speakers agreed that current risks to the US outlook come from overseas, and reiterated that soft inflation was the fault of lower commodity prices, chiefly oil.

The March US jobs report was a bit stronger than expected, with the 215K gain in payrolls following a revised 245K gain in February. Average hourly earnings increased 0.3% m/m, while the jobless rate crept up to 5% as more people entered the labor force. The labor force participation rate grew for a fourth straight month, rising to 63% from 62.9% in February. Participation had fallen to a 38-year low of 62.4% last September, but has recovered gradually over the last six months. Analysts noted that in the employment sector breakdown, among the best gains were in construction (+37K jobs) while the worst losses were in manufacturing (-29K jobs).

Factory data from the US and China confirmed a marked uptrend for manufacturing in the month of March. The US ISM manufacturing report returned to expansion territory for the first time in five months, while China's official manufacturing PMI reading topped 50 for the first time in eight months. Key new orders components in both reports were even stronger, boding well for next month - the new orders reading in the ISM data rose to its highest level since 2014. Adding to the constructive production outlook, the Chicago March PMI rose a very strong six points to 53.6, with big gains in new orders, employment and production. Elsewhere in Asia, the Japan and South Korea March PMI reports clouded this rosy outlook, with both figures in contraction. The Japan report warned that total incoming work declined at the sharpest rate in nearly two years. In addition, Japan's Tankan large manufacturing index for Q1 hit its lowest level since mid-2013, with the forward-looking index coming in very weak. Major European manufacturing PMIs remained right around 50, where they've been for months.

Recent home sales data has shown that while the recovery in the US market continues apace, affordability and supply continue to give homebuyers headaches. The January S&P/Case-Shiller home price index recapped this point, showing elevated price gains in major US cities. Meanwhile, inventories are still constrained. The 20-city composite Index rose 5.7% in January, roughly twice the rate of inflation, with four to five months of supply in the market. Pending home sales were well ahead of expectations in February, with the index seeing its biggest m/m increase in a year, however it only just more than cancelled out the January drop, which was revised from -2.5% to -3.0%. Separately, homebuilder Lennar reported another strong quarter, beating top- and bottom-line expectations in its first quarter, with double-digit gains in backlog and new orders.

Crude is seeing a second week of losses as hopes slip away for a grand bargain to freeze crude output levels. There were reports earlier this week that Iran would attend the OPEC/non-OPEC production freeze meeting on April 17th, but would not participate in any deal, as Tehran continues to insist it needs to let its production levels return to the pre-sanction level of approx. 4.0 million bpd. On Friday, Iran's arch rival Saudi Arabia said the kingdom would only freeze output if all other major producers do so - including Iran. The warning came during an interview with Crown Prince Mohammed bin Salman, who is emerging as a major Saudi political force. Meanwhile, Iraq's crude production level was at its highest level in four years. After both Brent and WTI peaked around $42 last week, Brent dropped below $39 and WTI sank below $37.

Shares of former hedge fund hotel SunEdison lost more than half their value this week as it emerged the SEC and Department of Justice launched parallel investigations of recent moves by the company. The SEC is looking into whether the company overstated its liquidity position last fall, when the stock was collapsing and management told investors it had over $1.0B in cash. The DoJ is seeking information related to acquisition of Vivint Solar and intercompany transactions with its yieldcos, TerraForm Power and Terraform Global. It's widely known that SUNE was using the two yieldcos as piggy banks to drive its rapid growth, although investors are betting that they may survive the demise of their parent, and shares of TERP are actually up more than 12% on the week.

Apple won its standoff with the US government after the DoJ said it had managed to access the information locked on the San Bernardino terrorists' iPhone. A Federal judge vacated the earlier order demanding that Apple open up the iPhone for FBI investigators, removing for now the implicit threat it would be forced to build "backdoors" into its products. It remains unclear how the phone was accessed, but speculation centers on a third-party use of an experimental technique called NAND flash mirroring.

Tesla unveiled its much-anticipated Model 3 electric car, its least-expensive vehicle to date. The Model 3's $35,000 base sticker price and decent range should expand the reach of Tesla considerably, and play a central role in helping the company meet CEO Musk's long-term objective of producing 500,000 vehicles a year. Within a day of the launch, Musk tweeted that nearly 200,000 vehicles had been pre-ordered. The first deliveries of the new mass market vehicle are scheduled to start in late 2017.

In M&A news, Foxconn finally reached a deal to discount its original acquisition offer for fallen Japanese electronics giant Sharp. Foxconn (formally named Hon Hai Precision Industry) will pay about $3.5 billion for a two-thirds stake, cutting its initial offer by nearly $900 million following the emergence of previously undisclosed liabilities at Sharp. The deal marks the largest acquisition ever by a foreign company in Japan's insular tech industry. Anbang's dramatic challenge to Marriott's standing deal to acquire Starwood fell apart in spectacular fashion. Two weeks ago, Anbang topped Marriott's cash-and-stock bid with an all-cash offer of $76, then was bid up to $82.75. However, Anbang never made its original unsolicited proposal binding and failed to adequately demonstrate there was sufficient financing in place to back up the deal. Anbang did not give Starwood the reason for dropping its offer, but Chinese financial magazine Caixin reported earlier this month that China's insurance regulator would likely reject the bid since it would put Anbang's offshore assets above a 15% threshold.

>>> US Close Dow +0.61% S&P +0.63% Nasdaq +0.92% Russell +0.33%

Closing Market Summary: Stocks End Week Higher as Job Fall In-Line

The stock market ended an upbeat week on a higher note as investors focused on the largely in-line reading of the March jobs report. Additional factors that impacted today's trade included a downturn in oil, a transitory rebound in the dollar, and leadership from the heavily-weighted health care (+1.3%), technology (+0.9%), and financial (+0.8%) sectors. The Nasdaq Composite (+0.9%) finished the day ahead of the Dow Jones Industrial Average (+0.6%) and the S&P 500 (+0.6%).

Today's session started on a wobbly note as investors adopted a risk-off posture ahead of and immediately following the release of the Employment Situation Report for March. The reading of the report showed progress towards the Fed's dual mandate, as nonfarm payrolls increased by 215,000 (consensus 200,000) and average hourly earnings ticked higher by 0.3% (consensus 0.3%). However, the near-term impact of this report is likely to be diminished considering recent dovish commentary from Fed Chair Janet Yellen. In remarks made on Wednesday, Ms. Yellen had acknowledged strong employment readings, but still called for a cautious path towards interest rate normalization given global economic concerns.

The broader market staged a rebound off its low as heavily-weighted health care (+1.3%), technology (+0.7%), and financials (+0.8%) moved up the leaderboard in the opening hour. The groups were able to maintain their leadership positions throughout the session and finished their day ahead of the broader market.

Conversely, the energy sector (-1.4%) ended its day with the largest loss as a slump in oil weighed on the sector. The energy component was pressured throughout the day as commentary from Saudi Arabian Crown Prince Mohammed bin Salman cast doubts on the country's participation in a supply freeze agreement. Additionally, early strength from the dollar also weighed. WTI crude ended its day lower by 4.0% at $36.76/bbl.

Biotechnology outperformed in the countercyclical health care (+1.3%) as the group rebounded from its difficult start to the year. The iShares Nasdaq Biotechnology ETF (IBB 268.31, +7.50) gained 2.8% as the sub-group moved higher in sympathy with Regeneron Pharmaceuticals (REGN 405.25, +44.81). Regeneron spiked 12.4% today after reporting positive results in two phase-three trials of its Dupilumab medication. The broader health care space extended its week to date gain to 1.9%.

The heavily-weighted financial sector (+0.8%) also rebounded from larger losses today, as the space trimmed its 2016 decline to 4.8%. The group demonstrated broad strength as credit service names and investment brokerage companies outperformed. On that note, Dow component Goldman Sachs (GS 159.82, +2.84) topped the price-weighted index. 

The Dow Jones Transportation Average (-0.7%) underperformed today as the sector pulled back from larger year to date gains. Major airlines showed the largest losses in the index as American Airlines (AAL 39.52, -1.49) and United Continental (UAL 56.72, -3.14) surrendered 3.6% and 5.3%, respectively, after receiving downgrades at Deutsche Bank.

The U.S. Dollar Index (94.58, +0.00) surrendered early gains, falling to its flat line in the early afternoon. The euro gained 0.1% against the dollar and ended at 1.1394 while the dollar/yen pair finished at 111.63 (-0.8%).

The Treasury complex traversed a narrow range today as the yield on the 10-yr fluctuated between 1.77% (UNCH) and 1.80% (+3 bps). The yield on the 10-yr note ended higher by one basis point at 1.78%.

Today's participation was above the recent average as more than 958 million shares changed hands on the NYSE floor.

Today's economic data included the Employment Situation Report for March, ISM Index for March, Construction Spending for February, and the final reading of Michigan Consumer Sentiment: 

  • Nonfarm payrolls increased by 215,000 (consensus 200,000)
    • February nonfarm payrolls revised to 245,000 from 242,000 
    • Private sector payrolls increased by 195,000 (consensus 195,000)
      • February private sector payrolls revised to 236,000 from 230,000 
    • Unemployment rate was 5.0% (consensus 4.9%) versus 4.9% in February
      • The U-6 unemployment rate, which accounts for the total unemployed plus persons marginally attached to the labor force and the underemployed, was 9.8% versus 9.7% in February
    • March hourly earnings were up 0.3% (consensus +0.3%) after being down 0.1% in February.
      • Over the last 12 months, average hourly earnings have risen 2.3% versus 2.2% in February
    • The average workweek was unchanged at 34.4 (consensus 34.5)
    • The labor force participation rate was 63.0% versus 62.9% in February
  • The ISM Index for March checked in at 51.8, up from 49.5 in February and above the consensus estimate of 50.6.
    • A number below 50.0 denotes contraction, which is where the index has been trapped for five consecutive months prior to today's release. The five-month streak of readings below 50 was the longest stretch of this kind since 2009.
    • The March improvement was driven by increases in most sub-indices of the report. The New Orders Index rose to 58.3 from 51.5; the Imports Index rose to 49.5 from 49.0; the Exports Index increased to 52.0 from 46.5; the Supplier Deliveries Index rose to 50.2 from 49.7; and the Prices Index surged to 51.5 from 38.5.
    • Although the vast majority of components improved, the Employment Index slipped to 48.1 from 48.5.
  • Total construction spending was down 0.5% in February (consensus +0.2%). Furthermore, construction spending in January was revised up to 2.1% from 1.5%.
    • Total construction spending is up 10.3% year-over-year, with private construction spending up 10.6% and public construction spending up 9.2%.
  • The final reading for the University of Michigan Consumer Sentiment Survey for March increased to 91.0 (consensus 90.5) from the preliminary reading of 90.0.
    • Despite the upward revision, the March reading marked a downturn from the final reading of 91.7 for February and a similar showing in January (92.0).

Monday's economic data will be limited to the 10:00 ET release of Factory Orders for February (consensus -1.7%). 

  • Nasdaq Composite -1.8% YTD
  • Russell 2000 -1.6% YTD
  • S&P 500 +1.4% YTD
  • Dow Jones +2.1% YTD

(BFW) *ORANGE, BOUYGUES TALKS SAID TO FAIL: LE FIGARO (article link)



NEW
INFO LE FIGARO - Failed negotiations between Orange and Bouygues Telecom

PUBLICITY

The best TVA sweet price
I benefit
The repurchase Bouygues Telecom Orange will not take place. Reportedly, the two groups meet again their respective boards Friday night to see the failure of discussions. In this complex operation, which led to a broad distribution of assets of Bouygues Telecom Orange and its two competitors SFR and Numericable Free, several obstacles have proved insurmountable. And it is particularly shareholder state requirements Orange 23% that led Martin Bouygues to throw in the towel. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/04/01/97002-20160401FILWWW00265-info-le-figaro-echec-des-negociations-entre-orange-et-bouygues-telecom.php