>>> La Lettre - Abivax

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**L'Événement — Santé**

**La biotech Abivax réactive sa banque d'affaires Centerview pour discuter avec les Big Pharma**

Le groupe de Marc de Garidel avait suspendu fin juin les discussions avec des groupes pharmaceutiques anglo-saxons comme AstraZeneca et Eli Lilly, le temps de mener sa levée de fonds de quelque 800 millions d'euros. Ses nouvelles capacités de financement lui permettent d'aborder les négociations en vue d'un éventuel rachat sans urgence ni pression.

Abivax reprend discrètement le chemin des discussions avec quelques-uns des grands laboratoires anglo-saxons en vue d'un potentiel rachat. D'après les informations de *La Lettre*, la biotech spécialisée dans le traitement de maladies inflammatoires chroniques a relancé la semaine dernière sa banque d'affaires, l'américain Centerview Partners, afin qu'elle poursuive les tractations. Ces négociations, entamées à la suite de premières marques d'intérêt l'an dernier, ont connu des rebondissements avant qu'Abivax ne procède finalement à une levée de fonds de quelque 800 millions d'euros tout début juillet (LL du 11/06/26).

Compte tenu de ses 10 milliards d'euros de valorisation boursière, après avoir vu son cours de Bourse flamber de 1 500 % sur un an, le groupe français dirigé par Marc de Garidel est devenu une cible d'acquisition chère. Peu de grands laboratoires ont les ressources financières suffisantes pour se lancer à l'assaut d'Abivax, coté à Paris et à New York.

**Des résultats cliniques bien accueillis**

Des poids lourds comme le britannique AstraZeneca et l'américain Eli Lilly sont toujours intéressés par le rachat d'Abivax (LL du 12/01/26 et 20/01/26). L'attention qu'ils portent à la biotech remonte déjà à l'été 2025, quand avaient été annoncés les résultats d'essais cliniques particulièrement prometteurs de son candidat médicament contre la rectocolite hémorragique, l'obefazimod.

Le laboratoire américain Merck & Co avait aussi manifesté son intérêt, mais il ne convoiterait pas le traitement de la maladie de Crohn, cette maladie inflammatoire du tube digestif, que développe aussi Abivax. D'où l'idée de Merck de s'allier à un autre laboratoire.

L'appétit des grands groupes pharmaceutiques s'est récemment réaffirmé avec la publication des données finales des essais cliniques de l'obefazimod, dits de phase III. Ces résultats ont confirmé la sécurité du candidat médicament, dont la commercialisation aux États-Unis est toujours prévue pour 2027, dès que la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, aura donné son feu vert.

Pour dissiper les doutes sur le potentiel du futur traitement, après la révélation de trois cas de cancer au cours des essais cliniques, Marc de Garidel avait même avancé le calendrier de la publication des essais, l'annonçant à fin juin au lieu de mi-juillet comme initialement prévu. L'ancien PDG du groupe pharmaceutique Ipsen avait aussi enchaîné les conférences téléphoniques avec les analystes pour rassurer le marché, après avoir vu l'action Abivax chuter de 40 % (LL du 11/06/26).

**Visibilité financière jusqu'en 2029**

Le patron d'Abivax s'est aussi fixé pour ligne de mener les discussions avec l'acquéreur potentiel sans pression ni précipitation. Grâce aux 800 millions levés tout début juillet, Marc de Garidel a doté son groupe d'une visibilité sur le financement de ses activités, notamment dans la recherche, jusqu'à fin 2029.

Dans une interview à la chaîne américaine CNBC le 10 juillet, cet ingénieur de formation s'est même dit en capacité de lancer une commercialisation autonome de l'obefazimod, c'est-à-dire sans avoir besoin d'adosser Abivax à un gros laboratoire. *« La meilleure défense pour nous, c'est en réalité l'attaque »*, a alors affirmé le dirigeant en réponse à une question sur une possible prise de contrôle de son groupe. Sur cette même chaîne, il avait déjà affiché en mars sa confiance dans la possibilité de négocier un deal aux meilleures conditions une fois les données de phase III publiées.

*Matthieu Protard*